Stress hydrique. Marrakech bientôt alimentée par l’eau dessalée de Safi
Avec un taux d’avancement de 98 %, l’interconnexion hydraulique entre Safi et Marrakech s’apprête à entrer en service. Alimentée par l’eau dessalée de la côte atlantique, cette infrastructure stratégique doit sécuriser l’approvisionnement de plus de 1,5 million d’habitants et renforcer la résilience hydrique de l’un des principaux pôles économiques et touristiques du Royaume.
Eau : l’autoroute hydraulique Safi–Marrakech touche au butFace à la pression croissante exercée sur les barrages et les nappes phréatiques, le Maroc accélère le déploiement de ses grands chantiers hydriques. Parmi eux, l’axe Safi-Marrakech figure désormais parmi les projets les plus avancés. Conçu pour acheminer l’eau dessalée produite sur la côte atlantique vers l’intérieur du pays, ce dispositif constitue une réponse structurelle au stress hydrique qui affecte durablement la région.Pour Marrakech, dont l’approvisionnement dépendait historiquement des ressources de surface et des nappes du Haouz, l’enjeu est majeur. La mise en service prochaine de cette infrastructure permettra de renforcer la sécurité hydrique d’un territoire qui concentre une forte activité touristique, économique et démographique.Un bouclier hydrique pour 1,5 million d'habitantsL’interconnexion devrait bénéficier à plus de 1,5 million d’habitants de Marrakech et des zones avoisinantes. Elle contribuera également à réduire la pression sur les ressources conventionnelles, particulièrement affectées par plusieurs années de sécheresse et par la baisse des apports du complexe hydraulique Al Massira.Au-delà de l’alimentation en eau potable, le projet vise à garantir une meilleure résilience du tissu économique régional. Hôtellerie, services, artisanat et activités productives disposeront d’une visibilité accrue sur l’accès à une ressource devenue stratégique.Cette infrastructure reflète le virage engagé par le Royaume en faveur du dessalement de l’eau de mer et de la réutilisation des ressources alternatives. En connectant la station de dessalement de Safi à Marrakech, les autorités misent sur une logique de mutualisation des infrastructures afin de sécuriser durablement les besoins des grandes agglomérations.L’objectif est également de préserver les réserves des barrages et des nappes souterraines, tout en accompagnant la croissance économique des territoires concernés.Après l’interconnexion entre le bassin du Sebou et celui du Bouregreg, l’axe Safi-Marrakech confirme la montée en puissance des grands projets de transfert d’eau à l’échelle nationale. Ces infrastructures deviennent progressivement l’un des principaux leviers de la stratégie marocaine d’adaptation au changement climatique.À quelques mois de sa mise en service, cette « autoroute de l’eau » symbolise l’évolution du modèle hydrique national : un modèle où la sécurité de l’approvisionnement repose de plus en plus sur l’innovation technologique, le dessalement et l’interconnexion des territoires, plutôt que sur la seule dépendance aux précipitations.