Crise de confiance : l'alerte de Bouayach aux Nations unies
Depuis la tribune du forum annuel du PNUD à New York, la présidente du Conseil national des droits de l'homme et de l'Alliance globale des institutions nationales de droits de l'homme (GANHRI) a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour restaurer la confiance entre les peuples et leurs institutions.
À l'occasion de la session plénière de haut niveau du forum annuel du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui s'est tenu pendant trois jours à New York en juin 2026, Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l'homme (CNDH) du Maroc et de l'Alliance globale des institutions nationales de droits de l'homme (GANHRI), a pris la parole pour alerter la communauté internationale sur ce qu'elle a qualifié de « menace transversale ».« Le monde fait face aujourd'hui à une crise plus profonde que les crises sécuritaires, économiques ou climatiques... une crise de confiance », alerte Bouayach. Selon cette dernière, cette crise ne traduit pas un rejet des institutions, mais bien une érosion de la confiance dans leur capacité à agir avec équité, efficacité et de manière coordonnée. Elle a souligné que la persistance des conflits armés, l'aggravation des violations du droit international sans mécanismes de responsabilisation effectifs, ainsi que le creusement des inégalités sociales et économiques alimentent un sentiment diffus de frustration et de désillusion chez les citoyens du monde entier.« Le sentiment d'injustice est devenu quasi universel. Des pans entiers des sociétés sont convaincus que les règles ne s'appliquent pas à tous de la même façon, et que ce sont toujours les plus vulnérables qui paient le prix des crises », souligne la présidente du CNDH en plaidant pour une refonte de l'approche traditionnelle des crises et en réaffirmant l'interdépendance entre développement, sécurité, droits humains et état de droit. Elle a insisté sur le fait que ces domaines ne sauraient constituer des agendas séparés : ils forment, selon elle, les dimensions complémentaires d'un seul et même objectif : celui de bâtir des sociétés plus justes, plus stables et plus résilientes.C'est dans ce cadre que Bouayach a noté le rôle central des institutions nationales des droits de l'homme. Ces dernières, a-t-elle expliqué, sont en première ligne pour détecter ces signaux précurseurs, alerter les pouvoirs publics et contribuer à reconstruire les ponts de confiance entre l'État et la société civile. La présidente du GANHRI a d'ailleurs exprimé sa préoccupation face aux pressions croissantes que subissent ces institutions à travers le monde, dans un contexte de réduction des ressources allouées aux droits humains, à la gouvernance démocratique et aux mécanismes de prévention.Elle a fermement rejeté l'idée que le soutien à ces institutions constitue un fardeau financier, affirmant au contraire qu'il s'agit d'un « investissement stratégique dans la paix, la stabilité et le développement durable ». Pour Bouayach, le véritable défi ne réside plus dans le diagnostic des crises ni dans l'identification des principes devant guider l'action internationale, mais bien dans la mobilisation d'une volonté politique collective pour traduire ces principes en résultats concrets et tangibles pour les citoyens.