Législatives 2026. Le PAM dévoile un programme à 350 MMDH autour de cinq pactes
À travers cinq pactes et 20 engagements, le PAM propose un programme de 350 MMDH pour faire du pouvoir d’achat, de l’emploi, des services publics et de la souveraineté stratégique les piliers de son projet pour 2031.

Pouvoir d’achat, emploi des jeunes, services publics, souveraineté stratégique et croissance : le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a dévoilé les grandes orientations de son programme pour les élections législatives de 2026. Structurée autour de cinq « pactes » et de 20 engagements, l’offre politique du parti prévoit un effort financier global de 350 milliards de dirhams sur la période 2027-2031.

À quelques jours des élections législatives, le Parti Authenticité et Modernité pose ses priorités. Le PAM a présenté son programme électoral sous la forme d'une feuille de route articulée autour de cinq grands pactes : le pouvoir d'achat, l'intégration des jeunes, la citoyenneté, la souveraineté stratégique ainsi que la croissance et la durabilité.Le parti affirme vouloir rompre avec une logique de simple juxtaposition de mesures pour proposer un cadre intégré de politiques publiques. Une ambition qui repose sur un constat central : malgré les avancées enregistrées ces dernières années, un décalage persiste entre la dynamique de développement du pays et son impact concret sur les conditions de vie des citoyens.Dans son diagnostic, le PAM pointe notamment la dégradation du pouvoir d'achat, la hausse du coût de la vie, les difficultés d'accès à certains services publics, le chômage des jeunes ainsi que les situations de rente et les conflits d'intérêts.Le pouvoir d'achat en première ligneLe premier pilier du programme concerne directement le portefeuille des ménages. À travers son « Pacte du pouvoir d'achat », le PAM entend agir non seulement sur les conséquences de la hausse des prix, mais également sur les mécanismes qui contribuent à leur formation.Le parti propose ainsi de ramener les prix des produits de première nécessité à ce qu'il qualifie de « niveau normal », en s'attaquant notamment aux surcoûts liés aux circuits de distribution, à la multiplication des intermédiaires et aux situations de rente.Parmi les engagements les plus emblématiques figure la gratuité des factures d'électricité ne dépassant pas 100 dirhams par mois. Le programme prévoit également une profonde réforme de l'impôt sur le revenu salarial. Le PAM propose de ramener le barème à trois tranches, contre six actuellement selon le document, avec un taux marginal maximal fixé à 20 %, contre 37 %. Les salaires bruts inférieurs à 15.000 dirhams seraient exonérés, tandis que les revenus compris entre 15.000 et 46.000 dirhams seraient soumis à un taux de 10 %.Le parti promet également qu'aucune pension de retraite ne serait inférieure à 3.000 dirhams et fixe à 1.000 dirhams le montant minimum de l'aide sociale directe.Les jeunes, une priorité transversaleDeuxième axe majeur : l'intégration des jeunes. Le PAM entend faire de cette question une priorité transversale, en rapprochant l'éducation, la formation, l'acquisition de compétences et l'accès à l'emploi.Le programme propose notamment la création d'un « Parcours d'insertion » destiné aux jeunes NEET, avec l'objectif de leur offrir un accompagnement individualisé vers la formation ou l'emploi. Le parti défend également le principe du « zéro abandon scolaire sans solution alternative ».L'ambition affichée est de permettre à chaque jeune d'acquérir une compétence et d'accéder à une première expérience professionnelle. Le programme prévoit ainsi d'inscrire 300.000 jeunes par an sur la plateforme « Massar Intégration », de mettre en place environ 500.000 parcours de formation et de reconversion et de permettre à près de 500.000 jeunes d'accéder à une première expérience professionnelle sur cinq ans.Le volet jeunesse comprend également des mesures liées aux conditions de travail, à la mobilité professionnelle et au logement. Le PAM envisage notamment la création d'un fonds public destiné à faciliter l'accès des jeunes à la location et prévoit environ 100.000 solutions de logement entre 2027 et 2031.Santé, emploi et logement au cœur du Pacte de la citoyennetéLe troisième pacte, consacré à la citoyenneté, rassemble plusieurs engagements liés aux services publics et à l'égalité d'accès aux droits. Le PAM promet notamment la mise en place d'un hôpital public « compétitif », avec pour objectif d'atteindre une couverture sanitaire de 100 % et de mettre à niveau 1.600 centres de santé de proximité ainsi que 90 hôpitaux régionaux et provinciaux.Sur le front de l'emploi, le parti affiche l'un de ses objectifs les plus ambitieux : la création d'au moins un million d'emplois nets au cours du mandat. Cette ambition serait répartie entre plusieurs secteurs, avec notamment 250.000 emplois nets dans l'industrie, 270.000 dans les services à forte valeur ajoutée et les activités exportables, 80.000 jeunes agriculteurs installés dans le monde rural, ainsi que 40.000 emplois dans le secteur sportif. Le programme prévoit également 360.000 emplois liés à l'organisation de la Coupe du monde 2030 et aux activités économiques qui l'accompagneront.Le PAM ambitionne par ailleurs de ramener le taux de chômage de 10,8 % à 7 % à l'horizon 2031.L'école publique, le logement, la réduction de la fracture numérique et l'accélération de l'officialisation de la langue amazighe complètent ce pacte. Le programme prévoit notamment que 500.000 familles bénéficient d'un logement décent durant le mandat et propose la création de 12 pôles numériques régionaux.Eau, énergie et intelligence artificielle : le pari de la souverainetéFace aux transformations géopolitiques, climatiques et technologiques, le PAM fait de la souveraineté stratégique l'un des piliers de son programme. Le parti structure ce volet autour de quatre priorités : la sécurité énergétique, la sécurité hydrique, la sécurité alimentaire ainsi que la souveraineté scientifique et technologique.Dans le domaine énergétique, le PAM propose d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables afin de porter leur part dans la consommation électrique à 52 %.Sur le front de l'eau, le programme prévoit la réalisation de près de 400 ouvrages hydrauliques, comprenant notamment des petits barrages, des barrages collinaires et des infrastructures de collecte des eaux pluviales. Six nouvelles stations de dessalement d'eau de mer sont également envisagées.Le volet technologique prévoit, quant à lui, le lancement d'un projet national destiné à renforcer les capacités marocaines en intelligence artificielle. L'objectif annoncé est notamment de former 5.000 formateurs et d'intégrer progressivement cette discipline dans les différents niveaux du système éducatif.Si les quatre premiers pactes détaillent les principales priorités sociales et stratégiques, le PAM présente la croissance économique comme la condition essentielle permettant d'assurer leur financement et leur pérennité.Le « Pacte de la croissance et de la durabilité » vise ainsi à renforcer les capacités productives du Maroc, à stimuler l'investissement et l'innovation et à améliorer la compétitivité de l'économie nationale.Le programme prévoit notamment d'adapter la formation aux besoins des secteurs productifs, de mobiliser davantage le foncier économique, de développer les zones industrielles et d'élargir les instruments de financement, de garantie et de capital-investissement.Le PAM propose également de renforcer la place des PME dans la commande publique, avec l'objectif de porter leur part à 15 % de la valeur des marchés publics. Les microentreprises et petites entreprises pourraient également bénéficier d'une exonération de l'impôt sur les sociétés pendant cinq ans, en contrepartie de la création de trois emplois.Un programme chiffré à 350 milliards de dirhamsL'un des principaux marqueurs de cette offre électorale réside dans son chiffrage. Le coût global du programme est estimé à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, soit une moyenne de 70 milliards de dirhams par an entre 2027 et 2031.Le Pacte du pouvoir d'achat concentre la plus importante enveloppe, avec 150 milliards de dirhams. Il est suivi du Pacte de la citoyenneté, doté de 100 milliards de dirhams. Les pactes de l'intégration des jeunes et de la souveraineté stratégique bénéficieraient chacun de 50 milliards de dirhams.Le parti prévoit également la mobilisation de financements supplémentaires dans le cadre du Programme de développement territorial intégré, à hauteur de 130 milliards de dirhams sur cinq ans.Pour financer l'ensemble de ses engagements, le PAM mise principalement sur l'effet additionnel de la croissance économique, estimé à environ 300 milliards de dirhams. S'y ajouteraient près de 40 milliards de dirhams provenant de la contribution des collectivités territoriales à travers le Fonds affecté au produit de la TVA, ainsi que 10 milliards de dirhams issus du transfert de ressources et de l'amélioration de l'efficience budgétaire.À travers ce programme, le PAM tente de positionner son offre autour d'une idée centrale : transformer les ambitions sociales et économiques en engagements chiffrés et opérationnels.Le parti revendique une approche fondée sur trois principes : « changer de cap », la clarté de l'engagement et la capacité d'agir. L'enjeu sera désormais de convaincre les électeurs de la faisabilité de ces promesses et de la capacité à mobiliser les ressources nécessaires à leur mise en œuvre.