Législatives 2026. Le scrutin sous le regard de 200 observateurs internationaux.
À quelques jours du vote du 23 septembre, le dispositif d’observation électorale se renforce avec la mobilisation de 3.006 observateurs, dont environ 200 internationaux. Venus de 54 pays à travers le monde, ils suivront les principales étapes du processus électoral, aux côtés des observateurs marocains, dans un dispositif coordonné sous l’égide du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).
À l’approche du scrutin, l’observation électorale entre dans sa dernière phase. Le dispositif mis en place sous l’égide du CNDH associe des observateurs marocains et internationaux appelés à suivre les différentes étapes du processus électoral à travers les régions du Royaume.La Commission spéciale d’accréditation, présidée par Amina Bouayach, a accrédité au total 3.006 observateurs et observatrices. Parmi eux, 783 relèvent du CNDH et 2.023 représentent des associations non gouvernementales marocaines. Le volet international compte, pour sa part, environ 200 observateurs issus de 54 pays.Le dispositif mobilise notamment 20 instances et organisations internationales et régionales, ainsi que 10 représentations diplomatiques accréditées au Maroc. Au total, la Commission spéciale d’accréditation a retenu 26 associations non gouvernementales et institutions nationales et 30 instances et organisations internationales.Des observateurs venus de plusieurs continentsL’observation internationale réunit des délégations venues d’Afrique, d’Europe, des Amériques et d’Asie. Leur mission ne se limite pas à la journée du vote. L’observation porte sur les différentes étapes du processus électoral, avec notamment le suivi du déroulement du scrutin, du dépouillement et des opérations de recensement et de centralisation des résultats.Le cadre légal marocain définit l’observation électorale indépendante et neutre comme un suivi de terrain fondé sur la collecte objective des données et l’évaluation des conditions d’organisation du scrutin. Les observateurs accrédités doivent agir dans le respect de la neutralité, du secret du vote et des règles encadrant le processus électoral.Le CNDH occupe une place centrale dans cette architecture. La Commission spéciale d’accréditation qu’il préside est chargée d’examiner les demandes et d’autoriser les observateurs à suivre les différentes opérations électorales.Parmi les missions internationales figure également celle de la Ligue des États arabes. Conduite par l’ambassadeur Hussein El-Hindawi, secrétaire général adjoint de la Ligue, la mission doit suivre les différentes étapes du processus électoral, notamment les préparatifs, le déroulement du vote et les opérations de dépouillement.L’APCE mobilise une délégation de 20 membresLe dispositif européen sera notamment marqué par la présence d’une délégation de 20 membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), conduite par Elisabetta Gardini. Elle sera au Maroc du 21 au 24 septembre pour observer le déroulement des élections.Cette mission fait suite à une première visite préélectorale menée du 31 août au 2 septembre par une délégation de cinq membres. Celle-ci avait rencontré les autorités chargées de l’organisation et de l’observation des élections, ainsi que des représentants de la société civile, des médias et de la communauté diplomatique.Les échanges avaient notamment porté sur la participation des électeurs et des candidats, l’égalité des chances, la confiance dans les différentes étapes du processus, ainsi que la transparence du dépouillement et de la centralisation des résultats. L’APCE a également identifié la campagne numérique comme un point de vigilance, notamment concernant les réseaux sociaux, la publicité politique en ligne et les contenus générés ou manipulés par l’intelligence artificielle.Une mission franco-africaine de 19 personnalitésÀ ce dispositif s’ajoute une mission issue des diasporas africaines en France. Conduite par Khadija Gamraoui, elle réunit 19 personnalités, parmi lesquelles des élus locaux français, des experts, des responsables associatifs et des entrepreneurs.La délégation, arrivée à Rabat le 20 septembre, a entamé sa mission par une session de formation avec les équipes du CNDH portant notamment sur le cadre juridique et réglementaire des élections marocaines, les principes de l’observation indépendante et les règles éthiques applicables. Elle doit ensuite se déployer dans plusieurs villes afin de suivre les opérations électorales jusqu’au scrutin.Khadija Gamraoui souligne la volonté de la délégation de rester à distance des positions partisanes : « Notre rôle n’est pas de commenter, de soutenir ou de contester les choix politiques. Notre responsabilité est d’observer, de comprendre et de rendre compte ».L’OIF rejoint également le dispositifLa dimension internationale s’est également renforcée avec le déploiement de la Mission électorale de la Francophonie (MEF). À l’invitation des autorités marocaines, la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a dépêché une mission au Maroc à l’occasion des législatives du 23 septembre.Conduite par André-Magnus Ekoumou, ambassadeur du Cameroun en France, la mission réunit notamment la présidente de la Haute Cour de Justice et membre de la Cour constitutionnelle du Bénin, un député de la Chambre des communes du Canada et membre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, ainsi que des experts issus des États et gouvernements membres de l’OIF.Présente au Maroc du 16 au 25 septembre, elle doit rencontrer les institutions impliquées dans le processus électoral, les responsables des partis politiques, la société civile ainsi que les autres missions électorales nationales et internationales.Le jour du scrutin, ses membres se rendront dans certains centres et bureaux de vote pour observer le déroulement des opérations. Une déclaration préliminaire, suivie d’un rapport, doit être publiée à l’issue de la mission.