Prix alimentaires. Le gouvernement veut réduire le poids des intermédiaires
Le gouvernement prévoit de réorganiser les circuits de commercialisation, de moderniser les marchés de gros et de renforcer les capacités de stockage afin de réduire les marges intermédiaires et de limiter la cherté des produits alimentaires.

Réduire les écarts entre les prix payés aux agriculteurs et ceux déboursés par les ménages constitue l’un des axes de l’action gouvernementale contre la cherté de la vie. Fouzi Lekjaa a évoqué la création de sociétés régionales de commercialisation, la modernisation des marchés de gros et le renforcement des capacités de stockage et de réfrigération.

Comment réduire le coût des produits alimentaires sans agir uniquement sur les prix à la consommation ? Le gouvernement entend s’attaquer à une partie du problème en intervenant sur les circuits de commercialisation. Lors de son passage dans l’émission « Heure de vérité » sur 2M, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a défendu plusieurs mesures visant à rapprocher les producteurs des marchés et à limiter les marges jugées excessives de certains intermédiaires.Au cœur de cette approche figure la création de sociétés régionales chargées de collecter et de commercialiser les produits agricoles. Leur objectif serait de mieux connecter les bassins de production aux zones de consommation et de réduire le nombre d’intervenants ou les coûts qui s’accumulent tout au long de la chaîne.Des sociétés régionales pour réorganiser la commercialisationLe projet prévoit initialement six sociétés régionales, un nombre qui pourrait être revu en fonction des spécificités des territoires et de l’organisation des bassins agricoles. Le gouvernement travaille actuellement à la préparation du cadre juridique nécessaire à leur mise en place.L’enjeu est notamment de réduire les écarts entre le prix auquel les agriculteurs écoulent leur production et celui finalement payé par les consommateurs. Pour le ministre, certains circuits de commercialisation permettent à des intermédiaires de capter une part importante de la valeur, sans que cette différence profite nécessairement aux producteurs ou se traduise par des prix plus accessibles pour les ménages.La mise en place de ces structures régionales vise ainsi à agir sur l’organisation du marché, plutôt qu’à se limiter aux conséquences de la hausse des prix. Son efficacité dépendra toutefois des modalités de fonctionnement retenues et de leur capacité à fluidifier concrètement les échanges entre les bassins agricoles et les centres de consommation.Les marchés de gros au cœur du chantierLa réorganisation des circuits commerciaux s’accompagne d’un autre volet : la modernisation de douze marchés de gros. Ces infrastructures occupent une place importante dans la distribution des produits alimentaires et leur fonctionnement peut peser sur les conditions d’acheminement et de commercialisation.Le programme envisagé comprend également des interventions sur les circuits de distribution des viandes et des poissons. Une enveloppe d’un milliard de dirhams a été évoquée pour accompagner ces chantiers, notamment à travers les équipements nécessaires au stockage et à la réfrigération.Ces investissements doivent contribuer à améliorer les conditions de conservation des denrées et à renforcer les capacités logistiques. Ils s’inscrivent dans une démarche plus large de rationalisation de la distribution, dans laquelle les infrastructures et l’organisation commerciale sont appelées à jouer un rôle complémentaire.Viandes : diversifier les sources d’approvisionnementSur le marché des viandes, Fouzi Lekjaa a également défendu le recours à de nouveaux marchés d’approvisionnement. Les mesures douanières destinées à faciliter les importations lorsque l’offre nationale est insuffisante font partie des leviers évoqués par le gouvernement.Cette orientation vise à élargir les possibilités d’approvisionnement et à répondre aux tensions entre l’offre et la demande. Elle complète les mesures envisagées sur les circuits de distribution, même si son effet sur les prix dépendra notamment des volumes disponibles, des coûts d’importation et des conditions du marché.