Tentative d'assassinat d'un opposant algérien. Quatre suspects écroués en France

Ancien officier algérien et journaliste critique du pouvoir, établi depuis les années 1990 en France, Hichem Aboud voit dans cette tentative de meurtre une volonté de "le faire taire".
Les suspects sont âgés de 19 à 22 ans. Trois ont été inculpés pour tentative de meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, le quatrième pour complicité de cette tentative de meurtre et association de malfaiteurs terroriste criminelle, a confirmé une source judiciaire.
Une information judiciaire, c'est-à-dire une enquête confiée à un juge d'instruction, a été ouverte en mars 2026 par le parquet national antiterroriste français.
"Mon client a découvert cette tentative de meurtre par l'AFP, mais cela ne l'étonne pas", a réagi Me Dalil Essakali, l'avocat de l'opposant, dénonçant "des tentatives d'assassinat" à Liège et à Paris, ainsi qu'"un enlèvement" à Barcelone en octobre 2024.
"La tentative d'assassinat du mois de février 2025 s'inscrit dans la logique des choses après le ratage de l'opération de Barcelone", estime ainsi Hichem Aboud auprès de l'AFP. "Il fallait et il faudrait m'éliminer pour me faire taire".
Pour Hichem Aboud, cette ouverture d'information judiciaire antiterroriste montre que la justice française le prend "enfin au sérieux", poursuit son avocat. "Jusqu'à maintenant, ses plaintes n'ont pas abouti".
L'auteur en 2002 de "La mafia des généraux", interdit en Algérie, est visé depuis 2021 par un mandat d'arrêt international, émis par un tribunal d'Alger, pour notamment appartenance à un "groupe terroriste".
D'après l'une des sources proches du dossier, les enquêteurs ont découvert le "contrat sur la tête" de M. Aboud, installé à Roubaix (nord de la France), dans le cadre d'investigations pour autre affaire concernant le braquage d'un musée en novembre 2024 près de Lyon (est).
Ils ont alors remonté un groupe sur la messagerie cryptée Signal, jusqu'à une équipe d'exécutants présumés, dont celui qui devait tirer pour la somme de 10.000 euros, d'après cette source proche.
En février 2025, cette équipe est "montée" à Roubaix avec une "consigne de tuer et une adresse". Le plan a échoué car la cible ne se trouvait pas sur place, d'après les sources proches du dossier.
Avec AFP

