Lahcen Haddad interpelle des médias espagnols à propos de cette déclaration : « Détruire le Maroc »

Lahcen Haddad hausse le tonsur son compte X (ex Twitter). Le député istiqlalien et ancien ministre du Tourisme a interpellé publiquement les médias et les organisations professionnelles espagnoles après être resté, affirme-t-il, plusieurs jours sans réponse de la part de l’émission Horizonte, de Cuatro et de Mediaset.
À l’origine de sa démarche, des déclarations du dénommé Taleb Alisalem, présenté comme «activiste sahraoui », lors d’une édition spéciale d’Horizonte consacrée à la crise de Ceuta et diffusée le 31 juillet 2026. Selon la lettre ouverte de Haddad, l’invité aurait notamment affirmé que l’Espagne disposait de moyens de pression permettant, sans intervention militaire, de « détruire le Maroc politiquement et économiquement ».
Une formulation que le parlementaire marocain refuse de banaliser. Tout en défendant explicitement la liberté d’expression, il estime que l’évocation de la « destruction » d’un pays de près de 40 millions d’habitants pose une question d’une autre nature.
Pour Lahcen Haddad, une éventuelle « destruction économique » ne toucherait pas une abstraction étatique, mais des millions de citoyens, leurs emplois, leurs revenus, leurs entreprises, leurs épargnes et les services publics. Il insiste de ce fait sur la qualification pénale des propos incriminés.
Le député place surtout le débat sur le terrain journalistique. Pourquoi, demande-t-il, l’invité n’a-t-il pas été immédiatement interrogé sur les conséquences humaines d’un tel scénario ? Les mêmes standards éditoriaux auraient-ils prévalu si un intervenant avait appelé, sur un grand plateau, à la « destruction politique et économique » de l’Espagne, de la France ou de l’Algérie ?
Faute de réponse des médias directement interpellés, Haddad a désormais saisi plus largement la profession journalistique espagnole. Une première suite a été donnée à sa démarche. Selon le député, l’Association de la presse de Madrid lui a indiqué avoir transmis son écrit à la Commission d’arbitrage, des plaintes et de déontologie du journalisme, compétente pour examiner la question.
« Je ne demande pas la censure », insiste Lahcen Haddad. Son interrogation reste, dit-il, strictement déontologique : un média peut-il laisser évoquer sans contradiction la « destruction politique et économique » de tout un pays et contribuer ainsi à normaliser un tel discours ?

