À Casablanca, des patronats africains des patrons appellent à passer des discours aux investissements
Du Sénégal à la Zambie, en passant par le Congo, la Côte d'Ivoire et le Nigeria, les dirigeants patronaux africains saluent le dynamisme marocain et réclament une accélération de l'intégration économique continentale.
Le Forum de la CGEM aura également été une tribune africaine. Les dirigeants et représentants patronaux venus d'Afrique subsaharienne n'ont pas seulement salué la qualité de l'organisation. Ils ont exprimé leur volonté de donner une nouvelle dimension aux partenariats économiques entre leurs pays et le Maroc.
Dans leurs déclarations à L'Observateur du Maroc et d'Afrique, plusieurs responsables ont insisté sur l'urgence de passer des échanges institutionnels à des investissements communs.
Président du Conseil national du patronat du Sénégal et de Business Africa, Baïdy Agne a salué un événement « d'une organisation parfaite », associant entreprises établies et jeunesse innovante.
Mais son message principal portait sur la lenteur de l'intégration économique africaine.
Il estime que le rythme de mise en œuvre de la ZLECAf demeure insuffisant au regard des besoins du continent.
Il a notamment évoqué des besoins d'investissement dans les infrastructures évalués à 120 milliards d'euros à l'horizon 2030-2035.
Pour lui, les entreprises africaines doivent désormais s'organiser pour identifier des projets et développer des co-investissements.
Il a confirmé que la CGEM jouait un rôle dans les travaux engagés au sein de Business Africa sur ces questions.
Le président d'UniCongo, Dieudonné Djemamboukalane, a lui aussi insisté sur la nécessité d'abandonner les méthodes traditionnelles.
Il a salué le leadership marocain tout en appelant à identifier des entreprises capables de développer des activités communes dans plusieurs pays.
Les industries minières et la transformation du coton figurent parmi les pistes évoquées.
Son message est sans ambiguïté. « Il faut qu'on passe des discours à l'action. »
Pour Amadou Bakayoko, administrateur de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire, la coopération doit prendre en considération les réalités économiques de chaque partenaire.
Les complémentarités industrielles entre le Maroc et la Côte d'Ivoire ne sont pas nécessairement identiques à celles qui pourraient être développées avec Djibouti.
Il plaide donc pour des rapprochements ciblés entre entreprises opérant dans des secteurs complémentaires.
Du côté de la Zambie, Martha Sakala Ng'oma, présidente de la Fédération des employeurs, s'est félicitée de la qualité des échanges et de la possibilité de s'inspirer de certaines expériences marocaines.
Elle a également salué l'accueil reçu au Maroc, évoquant notamment la rapidité exceptionnelle de la procédure de visa dont elle avait bénéficié.
Adewale-Smatt Oyerinde, directeur général de la Nigeria Employers' Consultative Association, a insisté sur les opportunités de coopération dans l'énergie, les infrastructures, les technologies et l'industrie.
Il a rappelé les projets communs existant entre le Nigeria et le Maroc, notamment dans le domaine gazier, tout en évoquant le potentiel de nouveaux investissements croisés.
Le responsable nigérian s'est dit prêt à participer à la mise en œuvre des initiatives envisagées par la CGEM.
Il a également souligné l'importance de développer la transformation locale des ressources naturelles, notamment minières, afin que les économies africaines conservent une part supérieure des richesses produites.
Ces déclarations convergent vers une même exigence. L'intégration africaine doit être portée par les entreprises et se traduire par des chaînes de valeur, des usines, des emplois et des investissements.
Casablanca a offert un espace de convergence. La prochaine étape consistera à donner un contenu industriel aux intentions affichées.




