Transport funéraire : Casablanca met fin à la spéculation
Encadrement strict pour protéger les familles et préserver la dignité des morts

Trêve de spéculation autour de la mort. Tarifs plafonnés, contrôles renforcés, règles durcies… Le Conseil de la ville de Casablanca reprend en main le transport funéraire. Un nouveau cahier des charges encadre désormais ce secteur sensible, met fin à l’anarchie et protège les familles en deuil.

Le Conseil de la ville de Casablanca serre la vis. Un nouveau cahier des charges encadrant le contrat de gestion déléguée du transport des défunts musulmans dans la capitale économique vient d’être dévoilé.

Assainir le secteur

Cette réforme s’inscrit dans le renforcement du cadre juridique régissant les services communaux (loi organique 113.14) et dans une volonté affichée d’instaurer les principes de bonne gouvernance dans un secteur longtemps marqué par des pratiques jugées anarchiques. En ligne de mire : mieux protéger les familles, préserver la dignité des défunts et imposer des règles claires aux opérateurs.

Pour Karim Klaïbi, membre du Conseil de la ville, il s’agit de professionnaliser un service public crucial, tout en respectant les spécificités religieuses propres au contexte marocain. Dans le détail, le nouveau cahier des charges entend mettre fin à l’anarchie en imposant une réglementation tarifaire pour éviter toute exploitation des familles en deuil. Il prévoit également des conditions techniques et sanitaires strictes, avec une flotte moderne et un service assuré 24h/24.

Règles strictes

Le dispositif fixe un cadre clair. Seuls vingt opérateurs seront autorisés à exercer, sélectionnés sur la base de la concurrence. Priorité sera donnée aux entreprises déjà implantées à Casablanca et ayant une relation contractuelle avec la commune, suivies des sociétés autorisées dans les communes avoisinantes ou justifiant d’au moins cinq ans d’expérience dans d’autres villes.

La durée du contrat de gestion déléguée est fixée à dix ans, renouvelable. Une éventuelle prolongation sera conditionnée par le niveau d’investissement, la qualité des équipements et la bonne exécution du service. Le délégataire devra également verser une redevance annuelle à la commune, dont le montant sera défini contractuellement.

Toute activité en dehors de ce cadre est désormais interdite.

Tarifs plafonnés

C’est l’un des changements majeurs. Le cahier des charges instaure désormais une grille tarifaire maximale unifiée afin d’éviter toute exploitation des usagers :