Fès : le procès des immeubles effondrés s’ouvre ce mardi
Un drame qui a coûté la vie à 22 personnes

Le procès du drame qui a coûté la vie à 22 personnes s’ouvre à Fès, sur fond de graves irrégularités dans le secteur du bâtiment. Élus locaux, fonctionnaires et pratiques illégales se retrouvent au cœur d’un dossier sensible, où la question des responsabilités est désormais entre les mains de la justice.

Cinq mois après la tragédie, la machine judiciaire se met en marche. Ce mardi 5 mai, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Fès entame les premières auditions dans l’affaire de l’effondrement de deux immeubles, survenu le 9 décembre 2025 et ayant coûté la vie à 22 personnes et blessé 16 autres avec des degrés de gravité variables.Au total, 21 prévenus sont appelés à comparaître devant le juge d'instruction,. Huit sont actuellement en détention provisoire, tandis que treize comparaissent en état de liberté. Parmi eux, des responsables politiques : le président de l’arrondissement de Zouagha, son premier vice-président en charge de l’urbanisme, ainsi que son second vice-président, en plus d’un fonctionnaire.Résultats de l'enquête L’enquête met en lumière une chaîne de dysfonctionnements graves. Les deux immeubles effondrés auraient été érigés en violation flagrante des règles d’urbanisme : étages ajoutés sans autorisation, matériaux non conformes, cessions illégales de droits de surélévation, ventes conclues hors cadre légal et délivrance irrégulière de permis d’habiter.Autant d’irrégularités dévoilées dans un communiqué officiel rendu public le 15 avril 2026. Le procureur général du Roi près la Cour d'appel de Fès y indique que les investigations menées par le parquet, sur la base des constats de terrain et des rapports d'expertise technique, ont mis en évidence une série de manquements graves ayant entaché la construction des deux bâtiments effondrés.Chefs d'accusation Selon le communiqué, « les deux bâtiments effondrés ont fait l’objet d’ajouts d’étages sans autorisation légale ». Les enquêteurs ont également relevé l’utilisation de matériaux de construction non conformes, voire de matériaux usagés, en infraction avec les normes en vigueur. Autre irrégularité pointée : « la cession du droit de surélévation (droit de l’air) par des voies illégales », ainsi que l’établissement de contrats de vente en dehors du cadre juridique. Le parquet souligne également que des certificats d’habitation ont été délivrés sans respect des lois et règlements applicables.Sur la base de ces éléments, le procureur général du Roi a enclenché la procédure judiciaire. Les mis en cause devront ainsi répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment homicides et blessures involontaires, corruption, ainsi que délivrance illégale de documents administratifs.