Enfant forcé à boire de l’alcool : la vidéo qui choque le Maroc
Une vidéo virale montrant un enfant contraint de boire de l’alcool par des adultes a provoqué une vague de colère et d’indignation sur les réseaux sociaux. Face au choc, les appels à une intervention urgente des autorités se multiplient, tandis que le CNDH et l’ONG « Ma Tqich Weldi » dénoncent un acte « criminel » et réclame des sanctions exemplaires contre les responsables.
Une vidéo montrant un enfant d’environ 7 ans contraint de boire de l’alcool sous les rires de deux individus a provoqué une vague de colère et d’indignation sur les réseaux sociaux. Largement relayées ces dernières heures, les images ont suscité de nombreux appels à une intervention rapide des autorités judiciaires et sécuritaires pour identifier et poursuivre les responsables.De son côté, l’ONG « Ma Tqich Weldi » est montée au créneau à travers un communiqué publié jeudi soir, dénonçant des faits « choquants » qui « heurtent profondément la conscience humaine ». L’association estime que cette scène constitue une grave atteinte à l’intégrité physique, psychologique et sanitaire du mineur.Rejetant toute tentative de banalisation de tels agissements, Najat Anouar, la présidente de d’organisation souligne par ailleurs «qu’il ne peut s’agir ni d’une plaisanterie ni d’un simple divertissement mais bien d’un crime à part entière et d’une violation manifeste des droits fondamentaux de l’enfant ».Appels à interventionS’adressant à la présidence du ministère public, les services de sécurité compétents ainsi que les unités chargées des crimes numériques, l’ONG appelle à l’ouverture en urgence d’une enquête afin d’identifier les personnes apparaissant dans la vidéo, localiser le lieu des faits et engager les poursuites nécessaires conformément au Code pénal marocain et aux conventions internationales relatives à la protection de l’enfance.« Ma Tqich Weldi » réclame également des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces actes, dénonçant « l’exploitation de la vulnérabilité des enfants pour produire du contenu destiné aux réseaux sociaux ou divertir les internautes ». L’association a enfin renouvelé son engagement à accompagner l’enfant concerné et appelé les citoyens et militants à briser « la chaine d’abus » en s’abstenant de partager la dite vidéo « pour protéger la dignité et l’intégrité de la victime et préserver l’identité visuelle de la victime ». Ceci tout en privilégiant le signalement des personnes impliquées auprès des autorités compétentes.CNDH: "Arrêtez la diffusion de cette vidéo !"De son côté, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a exprimé sa profonde inquiétude après la diffusion de la vidéo montrant un enfant mineur encouragé par des adultes à consommer de l’alcool. Dans un communiqué publié ce vendredi 29 mai 2026, elle a dénoncé à la fois les faits filmés et la large diffusion des images sur les réseaux sociaux, estimant qu’ils portent atteinte au droit de l’enfant à la protection contre toute forme d’exploitation, de négligence ou de comportements nuisibles à son intégrité physique et psychologique.Amina Bouayach a également condamné le fait d’avoir filmé et exposé un mineur dans une situation portant atteinte à sa dignité et à sa vie privée, soulignant que la poursuite du partage de la vidéo risque de prolonger durablement les effets psychologiques et numériques de cette atteinte aux droits de l’enfant. Elle s’est aussi inquiétée de voir plusieurs pages et créateurs de contenu continuer à relayer la séquence, même sous couvert de dénonciation, sans prendre les précautions nécessaires pour dissimuler l’identité ou les traits du mineur, ce qui pourrait accentuer les risques de stigmatisation, de harcèlement et de préjudice moral.La présidente du CNDH a ainsi appelé à cesser immédiatement toute diffusion de la vidéo sans floutage du visage de l’enfant, tout en exhortant le parquet à intervenir en urgence afin d’assurer la protection nécessaire du mineur et d’engager les suites judiciaires appropriées. Elle a enfin rappelé que « l’intérêt supérieur de l’enfant doit demeurer au-dessus de toute considération », aussi bien dans l’éducation que dans le traitement judiciaire, médiatique et numérique de cette affaire.