Maltraitance animale. Huit mois fermes pour un youtubeur
Une vidéo choc qui a déclenché une vive polémique

Épilogue judiciaire dans l'affaire qui avait choqué l’opinion publique durant l'Aïd Al-Adha. Le youtubeur Ayoub Bn Nsns a été condamné à huit mois de prison ferme et à une amende de 20.000 dirhams pour plusieurs chefs d'accusation liés à la diffusion de sa vidéo controversée.

Le tribunal de première instance de Témara a mis un terme, lundi, à l'affaire qui avait provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux durant l'Aïd Al-Adha. Le youtubeur Ayoub Bn Nsns a été condamné à huit mois de prison ferme, assortis d'une amende de 20.000 dirhams pour avoir dépecé et mangé du chien.Plusieurs chefs d'accusation ont été retenus contre le prévenu, notamment l'offense à la religion islamique, la mise à mort et le dépeçage d'un animal sans nécessité, les menaces de commettre des crimes et délits, la débauche, l'incitation à la violence et à l'agression, ainsi que la diffusion de contenus numériques portant atteinte à l'ordre public et aux bonnes mœurs.Au cours de la même audience, le tribunal a rejeté les constitutions de partie civile déposées par plusieurs associations et représentants de la société civile. Cette décision intervient après l'interpellation du youtubeur par les éléments de la police judiciaire de Témara, son placement en garde à vue et l'ouverture d'une procédure judiciaire à la suite des plaintes déposées contre lui.Cynophagie L'affaire remonte à l'Aïd Al-Adha, lorsqu'une vidéo publiée sur la chaîne YouTube d'Ayoub Bn Nsns l'a montré en train de dépecer puis de faire griller la carcasse d'un chien, présenté comme un «sacrifice de l'Aïd». Les images ont rapidement suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Face aux critiques, le créateur de contenu avait supprimé la séquence avant de publier une nouvelle vidéo dans laquelle il affirmait avoir trouvé l'animal déjà mort. La polémique a rapidement pris une dimension judiciaire avec le dépôt d'une plainte par l'Organisation sociale pour la protection des animaux (OSPA).Dans un communiqué, l'association estimait que les faits constituaient un mépris des dispositions relatives à la protection animale, tout en portant atteinte aux valeurs associées à l'Aïd Al-Adha. Elle considérait également que la vidéo pouvait être perçue comme une incitation à l'abattage et à la consommation de chiens.