PAM - Samir Belfkih : «Nous allons agir à la fois sur les revenus et sur les prix» (vidéo)
Le programme électoral du PAM s’articule autour de cinq grands axes et de 20 engagements. Présenté par Samir Belfkih, membre du parti, le volet consacré au pouvoir d’achat prévoit notamment une réforme de l’impôt sur le revenu, une pension minimale de 3.000 dirhams, un soutien renforcé aux veuves, ainsi que des mesures destinées à réduire le poids des intermédiaires dans la formation des prix.
La hausse du coût de la vie figure parmi les principales préoccupations mises en avant par le PAM dans son programme électoral. Samir Belfkih, membre du parti, estime que la pression exercée par les prix des produits de première nécessité, notamment les fruits, les légumes et la viande, pèse de plus en plus sur les ménages. Pour y répondre, le parti propose d’agir simultanément sur les revenus des ménages et sur les prix à la consommation.Premier levier avancé : le revenu disponible des salariés. Le PAM propose une réforme de l’impôt sur le revenu visant à passer de six tranches à trois tranches, avec l’objectif affiché d’augmenter le revenu net des salariés, aussi bien dans le secteur public que dans le privé.Pour Samir Belfkih, cette mesure doit permettre aux ménages de disposer de davantage de revenus à la fin du mois et, par conséquent, de mieux absorber la hausse du coût de la vie.Le parti entend également intervenir sur les retraites. Il propose qu’aucun Marocain ne perçoive une pension inférieure à 3.000 dirhams par mois.Autre engagement mis en avant : la situation des femmes veuves et de leurs enfants. Samir Belfkih note que le décès du conjoint peut entraîner une diminution importante des revenus du foyer puisqu'à l'heure actuelle une veuve ne perçoit que la moitié de la pension que percevait son mari de son vivant.Le PAM propose ainsi de maintenir le niveau de vie de la famille, en permettant à la veuve et à ses enfants de conserver un revenu équivalent à celui dont ils disposaient avant le décès du conjoint, selon les modalités prévues par le programme du parti.Le programme prévoit également une mesure ciblant les ménages dont la consommation d’électricité reste faible. Selon Samir Belfkih, les foyers dont la facture est inférieure à 100 dirhams seraient totalement exonérés et ne paieraient donc rien jusqu’à ce seuil. Cette mesure s’inscrit dans une approche plus large visant à réduire les dépenses contraintes des ménages.Par ailleurs, le PAM souhaite modifier les modalités de calcul de l’aide sociale directe. Samir Belfkih évoque un relèvement du montant pouvant atteindre 1.000 dirhams, contre 500 dirhams mentionnés comme référence actuelle dans son intervention.Le parti propose surtout de revoir le mode de calcul de l’éligibilité. Celui-ci ne serait plus principalement fondé sur les dépenses ou certains éléments du comportement de consommation du bénéficiaire, mais davantage sur ses revenus. L'objectif avancé est d'éviter qu'une dépense ponctuelle ou l'achat d'un bien du quotidien entraîne automatiquement la perte de l'aide.Le PAM veut également intervenir sur la formation des prix entre le producteur et le consommateur. Samir Belfkih estime que la chaîne d’intermédiation peut représenter 60 à 70 % du prix payé par le consommateur, un constat présenté comme l’une des causes de la pression exercée sur les produits de première nécessité.Pour réduire ces intermédiaires, le parti propose la création de six sociétés régionales d’intermédiation et de distribution chargées de rapprocher les producteurs des détaillants et, in fine, des consommateurs.L’objectif affiché est de raccourcir les circuits de distribution et de contribuer à faire baisser les prix, avec l’ambition de retrouver des niveaux comparables à ceux observés avant 2021.Du pouvoir d’achat à l’emploiPour le PAM, l'amélioration des revenus ne constitue pas seulement une mesure sociale. Samir Belfkih établit également un lien entre pouvoir d'achat, compétitivité des entreprises et création d'emplois.Selon lui, une hausse des revenus des salariés pourrait soutenir la consommation, mais également contribuer à renforcer la compétitivité des entreprises et leur capacité à créer de nouveaux emplois.Le programme inscrit ainsi la question du pouvoir d'achat dans une équation plus large, associant revenus, prix, compétitivité, emploi et création de richesse. Une approche qui doit également, selon le membre du PAM, contribuer à réduire les disparités territoriales, notamment entre les différents territoires et dans le monde rural.**related_articles[22965-Lekjaa chez les patrons. Comment le PAM compte répondre aux défis économiques]**