Soufiane Amal Ce créateur de shows qui séduit par ses mélodies !

Artiste multi-instrumentiste, à la fois batteur, producteur et ingénieur de son, Soufiane Amal s’est fait un nom sur la scène musicale avec des tubes comme « Love Can Hurt », « Under control » ou encore « Katsati ». Après un break de 4 ans, le jeune chanteur au style Pop/Electro/Rock qui a débuté avec le groupe Mazagan, fait son come-back avec un nouveau single intitulé « Lhouma ». Un Opus aux mélodies Pop-Rai qui a beaucoup plu sur les réseaux sociaux cet été.

Comment est née l’idée de votre dernière chanson « Lhouma » ?

C’est un collègue avec qui j’ai l’habitude de travailler qui m’a un peu aiguillé. Mon agent et producteur M. Tazi m’a conseillé de faire un single Rai qui s’accorderait avec mon style. Je voulais réaliser une chanson qui représenterait mon identité, mes origines, alors j’ai choisi de mettre en avant El Jadida, une ville qui m’a vu grandir et à laquelle je suis très attaché, et c’est ce dont parle LHouma, de ma ville natale, à une époque où on était jeunes, tous influencés et bercés par les mélodies de Mami, Aflak, Rai’nb Fever…c’est un peu comme ma carte de visite !
Produit par M. Tazi, le clip aux allures nostalgiques rappelle cette belle culture de rapprochement qui existait entre l’ancienne et la nouvelle génération, celle du respect des parents et des aïeux ; bref, des valeurs qui faisaient notre fierté et qui malheureusement, se perdent de plus en plus de nos jours. Je voulais donc inspirer les jeunes pour leur montrer le vrai sens de la vie telle que moi je la conçois.

Les sujets qui vous touchent ?

Chaque sujet est tiré d’une expérience donnée, que j’ai vécue dans ma vie. Je m’inspire énormément de mon entourage, de la société dans laquelle je vis et j’essaie d’exprimer mes ressentis via mon art.

Comment est née cette passion pour la musique et le chant ?

Je suis issu d’une famille de musiciens, mes frères avaient constitué le groupe Salam dans les années 80, ils jouaient du Châabi. Mon frère Abdelhak Amal est le fondateur du groupe Mazagan, avec Issam kamal ; on a sillonné le monde ensemble, je les accompagnais lorsqu’ils étaient en tournée, an tant que back liner et batteur. J’ai laissé tomber mes études pour me consacrer à la musique parce que ça coule dans mes veines et je ne carbure qu’à cela.

Vous avez commencé en tant que batteur, pourquoi avoir switché vers le chant ?

J’ai toujours su que j’allais être un musicien, batteur plus précisément, et non chanteur ou producteur. A 4 ans déjà, je commençais à chantonner et en grandissant, j’ai remarqué que les gens appréciaient ma voix et mes chansons, alors j’ai décidé de me lancer. Je suis un autodidacte, j’ai suivi des formations sur le net en Ingénierie de son à Amsterdam, pour améliorer ma musique au niveau technique.
Depuis que j’ai 14 ans, je joue avec des groupes nationaux et internationaux à l’étranger, comme Mazagan, je remplaçais souvent leur batteur, je jouais dans les Pub avec des groupes canadiens. A 16 ans, j’ai commencé à jouer de la guitare puis du piano, après, j’ai me suis familiarisé avec le logiciel de production musicale, et je me suis amusé à composer des morceaux et à les stocker pour le plaisir. Un jour, j’ai composé un titre « Hamdoulillah » en anglais et mon frère m’a conseillé de la refaire en darija, parce que selon lui, il n’y avait pas de marché ici pour les chansons anglophones. Sortie en 2013, la chanson a fait le Buzz, après, j’ai traduit toutes mes chansons en darija tout en conservant le refrain en anglais…c’était un peu difficile. En 2015, j’ai alors sorti un 1er album « Under Control » en arabe avec des refrains en anglais et ça avait cartonné !

Vous êtes un mordu de la scène. C’était presque une évidence pour vous de suivre cette voie ?

Oui, j’ai baigné dans le milieu musical depuis tout petit et goûté aux plaisirs de la scène très jeune, entourés de musiciens professionnels et de grands passionnés. Et c’est cette expérience qui m’a donné l’envie de vivre sur scène, je me considère plus un chanteur de scène qu’un chanteur de studio.

Ce qui vous attire dans la scène ?

J’adore les moments de balances, quand on ajuste le son des chansons. La scène, c’est le seul moment où on se donne à fond, où on s’oublie pour s’amuser à fond.

Des musiciens que vous admirez ?

Brian Adams, Robin Williams, …Mami avec qui j’ai passé une grande partie de mon enfance avec mes frères, il a eu une grande influence sur le groupe Mazagan et puis, ma touche Rai, je l’ai hérité de lui quelque part, et c’est une grande fierté pour moi, même si les mélodies occidentales prennent le dessus sur l’oriental dans mon style. J’ai aussi été fasciné par le jeu du batteur prodige Karim Ziad, c’était à l’époque son producteur musical, arrangeur et compositeur. Ziad a introduit un nouveau concept qui grâce à lui, la musique marocaine s’est exportée à l’international, avec des fusions improbables et audacieuses de Jazz, de Blues avec les Gnaoua, Hamid Kasri et Mami …et c’est ce qui m’a inspiré à l’époque lorsque j’apprenais à jouer de la batterie.
Sinon, j’ai une grande admiration pour le batteur et compositeur autrichien et membre fondateur du trio de metal progressif stOrk Thomas lang, c’est l’un des plus grands batteurs de tous les temps qui jouit d’une grande liberté de jeu ! J’aime aussi le batteur de jazz suisse Jojo Mayer réputé pour sa fameuse « reverse engineering ».

Comment définisseriez-vous votre style ?

Plus Pop, mais j’essaie d’introduire des touches marocaines ou maghrébines, avec nos instruments traditionnels, nos mélodies…Pop-Rai, Pop-Electro-Rai, j’aimerais dans le futur, introduire du Chaâbi aussi, pourquoi pas !

Vous avez plusieurs cordes à votre arc. Quel métier vous ressemble le plus ?

J’adore plus la batterie, c’est mon premier amour, c’est une sorte d’exutoire qui me permet de me défouler, de canaliser mes nerfs. C’est aussi un instrument magnifique qui charme l’audience et qui a un grand poids au niveau rythmique.

Comment comptez-vous vous démarquer des artistes déjà existants ?

Je suis un créateur de show et je compte m’imposer avec cela. Je kiffe la scène et j’ai déjà participé à des festivals comme Jawhara en 2013. Après une tournée au Maroc en 2014-2015, j’ai décidé de faire un break pour faire le point et me consacrer à ma 2e passion, qui est le surf et le skate. Mais comme j’ai eu un accident au dos, ça a entravé ma carrière professionnelle. J’ai voyagé entre temps, histoire de me ressourcer pour me renouveler et proposer quelque chose de différent.

Un projet d’album ?

Oui, je travaille sur un nouvel album avec différents sujets, sociaux, personnels… Je prépare une nouvelle chanson qui traite des droits des femmes, et qui parle des jeunes filles naïves qui se font avoir par les prédateurs mâles, et dont la sortie est prévue vers fin septembre ou début octobre 2019.

Votre ambition ?

J’aimerais que l’art soit valorisé. Dans chaque travail, le côté artistique est primordial pour moi. J’essaie de réaliser des chansons pas très commerciales ni très under underground, pour satisfaire tous les goûts : une sorte de mélange artistique avec des paroles simples et une musique clean, une mélodie facile et accessible à tous, avec une histoire et une identité.

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