Zoom sur la liberté d’internet au Maroc

Au Maroc, l’accès à l’internet est considéré comme partiellement libre selon l’ONG Freedom House qui note que si, dans l’ensemble, la situation continue de progresser, la disparité entre connectivité urbaine et rurale s’élargit.

Par Mounia Kabiri Kettani

D’après le rapport annuel publié par l’ONG Freedom House qui analyse l’accès à l’internet dans 65 pays et attribue à chacun d’entre eux un score de liberté sur le Web sur la base de différents critères dont l’obstacle à l’accès, la censure des contenus et la violation des droits des utilisateurs, le Maroc affiche une note de 45/100 dans l’ensemble. En gros, un pays ayant « un internet libre », doit afficher un résultat inférieur à 30/100.

Donc le Royaume est considéré comme partiellement libre en la matière, loin derrière les pays comme l’Islande et l’Estonie les plus libres avec 6/100, ou encore la France 25/100, le Nigéria 37/100 et le Kenya avec 32/100. Mais, le Maroc reste mieux placé par rapport à d’autres pays à l’instar de l’Egypte 72/100, la Libye 51/100, la Jordanie 49/100 et la Chine qui vient à la queue du classement avec un score de 88/100.

Selon le rapport, en général 26 pays ont vu la liberté sur Internet se détériorer alors que seulement 19 ont enregistré des progrès mineurs. Au total, seulement 23 % des pays évalués ont un « Internet libre » selon l’étude.
« Au Maroc, l’accès à Internet a lentement augmenté ces dernières années, mais des obstacles subsistent dans certaines régions du pays », note le rapport. Le taux de pénétration de l’internet est passé de 52% en 2010 à près de 62% en 2017, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Parallèlement, il existe 1,23 abonnement mobile pour chaque individu, ce qui indique une forte pénétration du mobile. Toutefois, comme le souligne l’ONG la couverture du réseau est très inégale entre les zones urbaines et rurales. « Les entreprises de télécommunications ne respectent pas le principe de l’UIT selon lequel les télécommunications sont un service public, préférant investir dans des zones urbaines plus lucratives », tient à noter l’étude.
À la fin de 2015, environ 55% des personnes possédaient un smartphone, contre 38% en 2014. Le taux d’utilisation des smartphones dans les zones rurales a presque doublé de 2014 à 2015, atteignant 43% des personnes âgées de 12 à 65 ans habitants des zones rurales représentent 39,7% de la population totale et si beaucoup ont accès à l’électricité, à la télévision et à la radio, la plupart n’ont pas accès aux lignes téléphoniques et à l’Internet haut débit. Le taux élevé d’analphabétisme, en particulier chez les femmes rurales, constitue un autre obstacle majeur à l’accès à Internet. Environ 47,5% des Marocains des zones rurales sont analphabètes et 60,1% sont des femmes.

Le gouvernement a entrepris plusieurs programmes au fil des ans pour améliorer le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) du pays. Les Directives générales pour le développement futur du secteur des télécommunications en 2018 fournissent le dernier cadre pour le développement des TIC. Le programme vise à accroître les connexions à fibres optiques et autres connexions à haut débit dans tout le pays, à renforcer le cadre réglementaire existant et à fournir un accès universel.

Côté prix, l’ONG ajoute que l’utilisation d’Internet reste relativement abordable. Pour une vitesse de connexion prépayée 3G ou 4G pouvant atteindre 225 Mbps, les clients paient 59 DH (6 USD) de frais de connectivité initiaux pour les 10 premiers jours avec une capacité de téléchargement de 4 Go, puis rechargent le compte avec un minimum de 5 DH (0,50 USD). Les internautes paient en moyenne 3 DH (0,30 USD) pour une heure de connexion en cybercafés.

Aussi, sur le marché des TIC, et d’après l’étude, les fournisseurs de services Internet, les cybercafés et les entreprises de téléphonie mobile ne sont pas confrontés à des obstacles juridiques, réglementaires
ou économiques majeurs.
En matière de restrictions sur la connectivité, l’ONG Freedom House explique que les autorités n’ont imposé aucune restriction en matière de connectivité au cours de l’année écoulée.

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