Nicodemus Minde : « Le Maroc montre la voie de l’intégration économique africaine 
Nicodemus M. Minde, chercheur à l’École des sciences humaines et sociales de l’United States International University-Africa.

Commerce intra-africain, minerais critiques et intégration régionale : le chercheur à l’École des sciences humaines et sociales de l’United States International University-Africa,  Nicodemus Minde estime que le Maroc s'affirme comme un acteur stratégique de la nouvelle dynamique économique africaine.

L’Afrique dispose aujourd’hui d’un poids stratégique inédit dans les équilibres mondiaux. Mais pour transformer cette nouvelle donne géopolitique en levier de développement, le continent doit renforcer son intégration économique et mieux valoriser ses ressources. C’est le message porté par Nicodemus M. Minde, chercheur en marge de la 4ᵉ édition de l’Africa Economic Symposium (AES), organisée par le Policy Center for the New South (PCNS). Pour le chercheur, les profondes recompositions géopolitiques replacent désormais l’Afrique au cœur des stratégies des grandes puissances mondiales. « Les États-Unis, l’Europe, mais aussi la Chine renforcent leur présence sur le continent. Cela montre que l’Afrique gagne en influence dans l’économie mondiale », note-t-il.Face à cette nouvelle réalité, il estime que le continent doit revoir sa stratégie afin de défendre davantage ses intérêts. L’un des principaux enjeux réside dans la gestion des minerais critiques, devenus essentiels à la transition énergétique mondiale. « De nombreux pays africains, comme la République démocratique du Congo ou plusieurs États du Sahel, disposent de ressources minérales stratégiques. L’Afrique doit se restructurer pour mieux négocier avec les grandes puissances et tirer davantage profit de ces richesses », explique-t-il.Interrogé sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Nicodemus Minde y voit un instrument majeur pour accélérer l’intégration économique du continent. Selon lui, la priorité consiste désormais à lever les barrières tarifaires et non tarifaires qui freinent encore les échanges entre pays africains. « Les pays africains commercent encore trop peu entre eux. C’est un déséquilibre qu’il faut corriger. La ZLECAf offre une véritable opportunité d’augmenter le commerce intra-africain », affirme-t-il.Le Maroc, un acteur de convergenceLe chercheur salue également le rôle joué par le Maroc dans cette dynamique continentale. Pour lui, le Royaume multiplie les initiatives favorisant les échanges économiques, le dialogue politique et la coopération régionale. « Le Maroc contribue à rapprocher les acteurs africains, que ce soit à travers des initiatives économiques, des événements sportifs ou des rencontres comme l’Africa Economic Symposium. Il démontre sa capacité à rassembler le continent autour des grands enjeux économiques », insiste-t-il.Pour Nicodemus Minde, cette capacité à créer des espaces de dialogue constitue un atout majeur dans un contexte international où l’Afrique cherche à renforcer sa place dans les chaînes de valeur mondiales et à parler d’une voix plus unie sur les grandes questions économiques.