Union constitutionnelle. Le pouvoir d’achat et l’emploi au cœur du programme
Hausse des revenus, investissements créateurs d’emplois et soutien aux PME...l’Union constitutionnelle mise sur plusieurs leviers pour répondre aux défis du pouvoir d’achat et de l’emploi des jeunes. El Hassan Abyaba membre du parti détaille les propositions du parti et plaide notamment pour un meilleur accès des jeunes entreprises aux marchés.
Pour l’Union constitutionnelle (UC), l’amélioration du pouvoir d’achat passe d’abord par trois leviers : augmenter les revenus dans les secteurs public et privé, attirer davantage d’investissements nationaux et étrangers liés à la création d’emplois, et soutenir les petites et moyennes entreprises durables.« Nous avons abordé la question du pouvoir d’achat à travers trois points : d’abord relever les revenus dans les secteurs privé et public, ensuite attirer les investissements étrangers et nationaux liés à l’emploi, et enfin soutenir les petites et moyennes entreprises durables », explique El Hassan Abyaba membre du parti. Le pouvoir d’achat dépend aussi de la croissancePour le responsable de l’UC, la capacité à augmenter les salaires reste étroitement liée à la dynamique économique. Une hausse durable des revenus nécessite, selon lui, une croissance suffisamment forte.« Pour parler d’une augmentation des salaires, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, il faut de la croissance », note-t-il, évoquant un rythme de croissance qui devrait dépasser les 5 à 6 %, ainsi que de bonnes campagnes agricoles et une évolution maîtrisée des prix du pétrole.Ces différents paramètres influencent directement le pouvoir d’achat des ménages. Mais au-delà des revenus, l’UC met l’accent sur la maîtrise du coût de la vie, notamment celui des produits alimentaires de base. « Pour préserver la stabilité sociale et familiale, il est nécessaire de trouver une issue à la question des prix, en particulier ceux des produits alimentaires essentiels dont les familles marocaines ont besoin », affirme El Hassan Abyaba.Selon lui, un meilleur ciblage du soutien sur ces produits permettrait de préserver une partie du pouvoir d’achat des ménages et de limiter l’impact de la hausse des prix.Les PME au cœur de l’emploi des jeunesSur la question du chômage des jeunes, l’UC mise principalement sur le développement des petites et moyennes entreprises. El Hassan Abyaba plaide pour un cadre juridique simplifié permettant aux jeunes entreprises de bénéficier d’une période d’accompagnement avant d’être soumises à l’ensemble des contraintes applicables aux entreprises établies. « Il faut soutenir les petites et moyennes entreprises à travers une loi qui simplifie les procédures et leur laisse une certaine période pour devenir des entreprises durables », explique-t-il.Mais pour lui, le principal enjeu reste l’accès aux marchés. Une jeune entreprise ne peut se développer durablement si elle ne dispose pas de débouchés commerciaux. « L’État, les institutions et le secteur privé doivent réserver une part des marchés aux petites et moyennes entreprises créées par les jeunes. Sans accès aux marchés, ces entreprises ne peuvent pas rester petites ou moyennes », estime-t-il.L’UC propose ainsi d’encadrer ce mécanisme selon les spécificités régionales. L’idée serait notamment d’identifier, dans chaque région, le nombre de jeunes entreprises concernées et de leur réserver officiellement une partie des marchés. Cette période d’accès privilégié pourrait, selon El Hassan Abyaba, être limitée dans le temps. « Il faut leur donner une opportunité encadrée, pendant trois ou quatre ans, puis leur appliquer les règles normales de l’entreprise », précise-t-il.L’objectif est d’éviter un phénomène qu’il résume ainsi : « On commence à créer des entreprises et on finit par les tuer ». Pour lui, la pérennité des jeunes entreprises passe donc par un accompagnement initial, mais aussi par un accès réel à la commande publique et privée.Passer d’une logique sociale à une logique de développementAu-delà de l’emploi et du pouvoir d’achat, El Hassan Abyaba appelle à changer la manière d’aborder les enjeux économiques du Maroc. Il estime que le débat électoral ne doit pas se limiter aux problématiques sociales, au chômage ou à la santé, mais également mettre en avant les transformations économiques déjà engagées dans le Royaume. « Nous ne devons pas continuer à parler uniquement d’emploi, de pauvreté et de santé. Il faut aussi parler du Maroc émergent et prometteur, du Maroc qui se positionne en Afrique sur les plans industriel, de l’investissement et financier », affirme-t-il.Selon lui, le Maroc dispose aujourd’hui d’une image et d’une position économiques qui dépassent ses frontières, notamment auprès des pays africains, méditerranéens et européens. Dans son intervention, El Hassan Abyaba met enfin l’accent sur un autre enjeu : celui de la responsabilité publique.Pour lui, le développement économique doit aller de pair avec une évolution du niveau de conscience collective et une meilleure compréhension des capacités et des besoins du pays. « Il faut également travailler sur la vitesse de la prise de conscience », estime-t-il, appelant à mieux faire correspondre les ambitions du Maroc avec les attentes et les moyens réels du pays.Il conclut sur deux principes qu’il considère essentiels : lier la responsabilité à la reddition des comptes et renforcer la confiance dans les institutions.