FIAB-2019 à Essaouira : Beauté, innovation et responsabilité en Afrique

Un aréopage de professionnels, d’experts et de partenaires dans le domaine de la cosmétique et de la beauté représentant le Maroc ainsi que des pays étrangers, se sont donné rendez-vous, lundi soir à Essaouira, dans le cadre de la sixième édition du Forum International « Afrique et Beauté » (FIAB-2019).

Initié sous le thème  »beauté et innovation : vers une économie responsable en Afrique », ce forum qui se poursuivra jusqu’au 26 avril, est organisé conjointement par l’Association marocaine « Ibn Al Baytar » et l’association burkinabè « Nature et culture » (ANCB).

Le conclave d’Essaouira, qui se tient après 4 éditions organisées au Burkina Faso, et une cinquième délocalisée en 2017 à Lomé au Togo, est placé sous l’égide du secrétariat d’Etat auprès du ministère de l’énergie, des mines, et du développement durable, chargé du développement durable.

Le choix du Maroc pour abriter cette nouvelle édition s’explique par les traditions séculaires du Royaume, celles liées à la beauté et aux plantes qu’elles soient médicinales, aromatiques ou cosmétiques, expliquent les organisateurs.

Intervenant au nom du comité d’organisation à l’ouverture de ce conclave, Mme Zoubida Charrouf, a relevé que le choix du Maroc a été motivé par sa richesse floristique, mais aussi parce que le Royaume a des traditions liées à la beauté et aux plantes, qu’elles soient médicinales, aromatiques ou cosmétiques.

Et de poursuivre que le Maroc dispose aussi de nombreux atouts à offrir, comme de beaux paysages, des villes historiques, une excellente cuisine et surtout une stabilité politique, relevant que le FIAB est une manifestation internationale importante dans le secteur de la valorisation de la biodiversité africaine et dans le renforcement des alliances entre les compagnies cosmétiques africaines et internationales.

 »Le FIAB intéresse également la communauté des chercheurs, à l’affût des tendances dans le secteur de la cosmétique végétale », a-t-elle expliqué, notant que le thème de cette édition cherche à reprendre et développer des notions déjà évoquées dans les précédents FIAB, tout en tenant compte de l’évolution des métiers de la beauté et des législations à travers le monde.

 »Nous introduirons cette notion d’économie responsable sans laquelle nous pensons que les filières actuelles et les produits cosmétiques ne seront bientôt plus en adéquation avec les consommateurs qui demandent, certes la qualité et l’efficacité, mais aussi la prise en compte des aspects socio-économiques (politique RSE) et une meilleure gestion de l’Environnement (de la Nature) », a-t-elle précisé.

Les FIAB se veulent un espace, certes professionnel et scientifique, mais aussi et surtout convivial, où les rencontres et les échanges comptent autant que les conférences « magistrales », a fait savoir Mme Charrouf, affirmant :  »nous construirons ensemble la cosmétique de demain, alliant expériences locales et internationales, une cosmétique à la fois inspirée par les Traditions et par la Biodiversité de l’Afrique. Continent millénaire, certes, mais Continent de l’avenir également pour les métiers de la Beauté ».

De son côté, Olivier Marc, président de l’ANCB, a mis en relief les traditions liées aux plantes et à la beauté au Maroc, héritage des cultures des différents peuples qui y résident, notant que le choix du Royaume pour délocaliser le FIAB s’explique aussi par la présence d’entreprises liées au secteur des plantes aromatiques et médicinales, mais aussi de nombreux instituts de recherche et d’universités possédant de grandes capacités de recherche.

Tout en insistant sur la nécessité de placer l’homme au coeur de l’entreprise pour la création d’une « économie nouvelle », il a plaidé en faveur de la fédération des efforts de tous pour préserver ce secteur et en faire un véritable levier de croissance et ce, dans le cadre d’une économie responsable en Afrique.

Et de poursuivre que le FIAB à Essaouira paraît « évident’ » et « rassembleur », en ce sens qu’il permet de poursuivre la démarche du Forum qui consiste à inviter tous les acteurs des filières de la beauté (détenteurs des savoirs traditionnels, récolteurs, cultivateurs de plantes, associations féminines, étudiants et chercheurs universitaires, institutions, transformateurs locaux et internationaux, producteurs d’actifs cosmétiques et utilisateurs finaux), pour des journées d’échange fructueux.

Le Forum d’Essaouira abordera des aspects classiques ou plus innovants, entre autres ‘’la mise en place de filières durables de plantes à visée cosmétique en Afrique », « les résultats des recherches sur les plantes africaines par de grands noms de la cosmétique », « l’apport du tourisme durable pour les métiers de la beauté », et ‘ »le développement de réseaux pour la professionnalisation des acteurs locaux et le développement de l’entreprenariat cosmétique en Afrique ».

Au menu de ce Forum, figure également une journée dédiée à la rencontre des femmes des coopératives de l’huile d’Argan, filière majeure de la cosmétique au Maroc, en vue de tirer les leçons de cette réussite « 100% marocaine », mais aussi à la plantation d’arganiers.

Les participants à ce Forum seront également au rendez-vous avec une série d’ateliers thématiques traitant de sujets en rapport avec ‘’le protocole de Nagoya : concilier les intérêts locaux et ceux des utilisateurs finaux’’, « systèmes participatifs de garantie : une alternative pour les certifications biologique et équitable », « Packaging : Vers une filière éco-responsable en Afrique » et « Qualité et sécurité des cosmétiques ».

Les différentes recommandations issues de ces ateliers seront insérées dans un document final qui sera baptisé « Déclaration d’Essaouira », qui sanctionnera les travaux du FIAB-2019.

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